Écrire sur le web

Le blogueur David Perell écrit : « Les bons passe-temps vous rendent plus intelligent ou plus riche, ou améliorent vos relations. Écrire en ligne accomplit les trois. »

Je pense que mon blogue m’a rendu un peu smarter au cours des années. Écrire un article permet de clarifier sa pensée, et te force à explorer des pistes que tu n’aurais pas forcément empruntées sinon. Mais le wealthier et les relationships, pas du tout. Je ne me suis pas vraiment bâti de public. J’ai environ 4-5 visiteurs par jour en moyenne. Je ne me suis pas fait de nouveaux amis ni de nouvelles connaissances. Et je suis loin d’avoir gagné le moindre dollar grâce à ce site.

Je peux me dire — et je me dis — que ce n’est pas grave, que je n’écris pas pour faire la piasse ou réseauter. Il n’empêche que ces choses appartiennent tout à fait au domaine du possible, et qu’il est un peu dommage de ne pas profiter de mon blogue pour faire avancer certains aspects de ma vie.

Le principal coupable est un mal très commun : le manque d’assiduité. Il est à la fois cause et conséquence, parce que quand tu as l’impression d’écrire dans le vide, sans être vraiment lu, tu perds un peu l’envie d’écrire. Donc tu écris et publies moins. Ce qui fait que tu pratiques moins, et rend ton blogue moins intéressant. Ce qui nuit à sa distribution et à l’acquisition de lecteurs ou de fans qui sont les germes d’une communauté qui pourra servir de motivation et même, avec de la chance, de source de revenus et de rencontres. Mais comme cette communauté ne se construit pas, tu écris dans le vide, et le cercle vicieux continue.

Il faut que je trouve un moyen de briser ce cycle. Comment?

1. Écrire plus

Ben… oui, ça va de soi. Merci pour ce bon conseil, moi. Mais le problème est plus profond que ça, parce que je me dis qu’il faudrait que j’écrive plus tout le temps depuis au moins 4 ans, et ce n’est de toute évidence pas suffisant.

2. Écrire des articles plus courts

Au lieu d’écrire de longs articles comme celui sur les hot-dogs, je pourrais me concentrer sur des textes plus courts. J’aime bien, par exemple, l’idée derrière Screenshot Essays — des essais suffisamment courts pour entrer sur l’écran d’un iPhone.

Écrire des textes courts a plusieurs avantages. Cela force à être précis et clair. C’est plus attrayant pour la plupart des lecteurs. C’est moins long à écrire.

Or is it? Soit la célèbre citation de Blaise Pascal :

Je n’ai fait [cette lettre] plus longue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte.

On dit souvent que la brièveté est plus difficile que la longueur, justement parce que cela force à ne garder que l’essentiel. Ce n’est sans doute pas universellement vrai — un texte long de qualité équivalente à un texte court demande sans aucun doute plus de travail — mais je crois qu’il serait illusoire de croire que je me faciliterais la tâche en diminuant la longueur de mes textes.

Ceci dit, la précision, la clarté et l’attrait pour les lecteurs sont certainement des objectifs louables. Je vais tenter de travailler sur la concision.

3. Écrire des résumés

David Perell suggère, pour ceux qui voudraient écrire mais ne savent pas sur quoi, de résumer des livres ou des articles. C’est une excellente idée, parce que ça permet de a) se motiver à lire plus, b mieux assimiler les idées de ses lectures, c) faire circuler des idées importantes, car un résumé a souvent plus de chance d’être lu qu’un livre entier ou un article scientifique touffu, d) réseauter avec les auteurs, qui sont heureux qu’on s’attarde à leurs travaux, et e) attirer un public qui s’intéresse déjà au sujet.

Je fais déjà cela à l’occasion, comme lorsque j’ai résumé Faire la morale aux robots la semaine dernière. J’ai envoyé un courriel à l’auteur pour le remercier d’avoir écrit le livre et lui signaler que j’en avais fait un résumé. Il en a été très heureux et a partagé le lien. (Ce qui m’a valu pour une journée d’atteindre un pic de… 20 visiteurs uniques! Wow!)

4. Publier des listes de liens

Certains blogueurs publient (régulièrement ou pas) des listes de liens vers des choses intéressantes qu’ils ont trouvées sur le web. Ça me semble être une excellente façon de publier souvent sans trop d’effort. Je consomme plein de contenu, donc il s’agit surtout de penser à sauvegarder le meilleur.

Par contre, ça risque d’être surtout en anglais, ce qui nous amène à…

5. Écrire en anglais

J’ai décidé au départ d’écrire en français en bonne partie parce que je voulais remédier, dans ma modeste mesure, au manque de bons blogues en français sur certains sujets. J’ai toujours trouvé important, pour la diversité culturelle mondiale, que les non-anglophones écrivent, chantent, diffusent, etc. dans leur propre langue.

Mais les désavantages de ne pas utiliser l’anglais sont difficiles à ignorer. Ce n’est pas seulement que le bassin de lecteurs soit au moins un ordre de grandeur supérieur à celui des francophones. C’est aussi que la grande majorité de ce que je consomme en ligne est en anglais. Si je veux interagir avec un blogueur, un auteur ou un utilisateur de Twitter, et ainsi tisser des liens, c’est beaucoup plus difficile si cette personne est incapable de lire ce que j’écris. Choisir le français revient à ignorer les avantages que procure l’effet de réseau de l’anglais.

Je songe donc à créer un deuxième blogue, en anglais. Il existerait indépendamment de Cartographier tout et n’importe quoi, que je ne sacrifierai pas et que je compte continuer de mettre à jour, bien qu’il soit possible, si le blogue anglais marche mieux, que j’y concentre mes efforts.

6. Choisir une nouvelle plate-forme

Au-delà de WordPress, qui est la plate-forme utilisée ici, il existe plein d’autres possibilités pour écrire en ligne. Substack, par exemple, une compagnie qui offre un modèle de newsletters par courriel et qui est devenu le centre d’un véritable phénomène d’autopublication, du moins dans le monde anglophone. Il y en a d’autres.

Lancer un deuxième blogue en anglais serait l’occasion d’explorer ces possibilités.

7. Tweeter

Je suis encore en train de me familiariser avec Twitter. C’est un réseau social plus intéressant que d’autres parce qu’il fonctionne avant tout par l’écriture et les idées (contrairement à Instagram qui favorise le contenu visuel, par exemple). Et il permet de réseauter avec les meilleurs experts dans n’importe quel domaine. Pour l’instant, j’ai sur Twitter le même problème qu’ici : j’ai l’impression de tweeter dans le vide1j’ai 30 abonnés, alors que j’en ai genre 63 sur Instagram. Je comprends pas. Mais j’essaie des trucs. Je commente sur les comptes d’autres personnes. J’essaie de trouver ma voix.

8. Découvrir mon monopole personnel

David Perell, encore2Je sais que ça fait trois fois que je le cite. Il s’auto-déclare comme le gars qui aide les gens à écrire en ligne, que voulez-vous : « Le but ultime d’écrire en ligne est de se bâtir un monopole personnel. Qu’est-ce? C’est ta combinaison unique d’habiletés, d’intérêts et de traits de personnalité. »

Tu as un monopole personnel si tu es la seule personne qui fait ce que tu fais. C’est ce qui te différencie des autres. C’est ce qui attire les gens vers toi, parce que tu as quelque chose d’unique à leur proposer.

Par exemple, le Pharmachien fait des bandes dessinées avec un style très spécial sur les mythes dans les sciences médicales. Personne d’autre ne pourrait le remplacer.

Quel peut bien être mon monopole personnel? Je ne sais pas trop. Ce n’est pas facile à découvrir. Mon blogue va dans pas mal de directions. J’ai toujours été une personne intéressée par plein de trucs, donc ce serait difficile pour moi de déclarer que désormais, je ne vais écrire que sur, mettons l’histoire de l’Empire byzantin ou quelque chose. Mais il faudrait que je trouve une façon de structurer mon travail pour le rendre unique.

*

Si jamais vous vous êtes rendu jusqu’à la fin de cet article et que vous êtes quelqu’un que je ne connais pas personnellement, n’hésitez pas à me contacter. J’aimerais bien savoir que vous êtes là, et ça va m’aider à cerner ce que je dois faire afin d’accomplir mes propres objectifs quant à l’écriture sur le web.

Et surveillez le blogue, je suis déjà en train de ramasser des liens pour publier une liste d’ici quelques semaines.

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