Mayda

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Carte des communications télégraphiques atlantiques entre la France, l’Angleterre et l’Amérique, 1869. 

  • Où : dans l’Atlantique, à l’ouest de la France et de l’Irlande. La latitude est presque toujours la même, mais la longitude varie selon les cartes.
  • Quand : c’est l’une des îles fantômes avec la plus grande longévité; elle apparaît pour la première fois en 1367 et pour la dernière fois au début du XXe siècle, soit plus de 500 ans.
  • Aussi connue sous les nombreux noms de : Asmaida, Asmayda, Bentule, Brazir (voir aussi Hy-Brasil), Jonzele, Las Maidas Bolunda, Maida, Mam, Mayd, Mayde, Meda, Vlaanderen. Le nom « Mayda » avec ses variantes s’est imposé au XVIe siècle.
  • A donné son nom à : Mayda Insula, une île tout à fait réelle qui est située dans le Kraken Mare, une mer de méthane liquide près du pôle nord de Titan, la plus grosse lune de Saturne. C’est la plus grande île extraterrestre connue à ce jour.

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Simon Murphy détestait voyager. Au début de sa carrière, il avait fait l’aller-retour Terre–Mars une dizaine de fois, en tant qu’expert sur l’acclimatation des végétaux et champignons à de nouvelles conditions planétaires. C’était la grande époque du terraformage, et il ne regrettait évidemment pas d’y avoir joué un rôle de premier plan. Mais alors qu’il approchait de la cinquantaine, il avait décidé qu’il en avait plus qu’assez, et qu’il allait rester sur Terre pour le restant de ses jours, plus précisément au New Jersey, et si jamais quelqu’un avait besoin de le voir, qu’il se déplace, lui.

Douze ans de tranquillité plus tard, Simon avait reçu, justement, un visiteur important. Ji-Hwan Jeong, le directeur (Division Terre) du Programme international de colonisation du Système solaire extérieur. Ils avaient eu une longue conversation en marchant sur le campus de Princeton, et Jeong était parvenu, à la surprise générale, à convaincre le professeur Murphy de partir en voyage. Et pas n’importe quel voyage : vers Titan, l’endroit habité le plus loin de la planète Terre.

Simon s’était dit qu’il allait le regretter. Mais il s’agissait de la découverte scientifique la plus importante du siècle, ce qui valait certains sacrifices. En supposant que ça soit une véritable découverte.

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Vue du hublot de la capsule habitable, Titan avait l’apparence d’un croissant jaunâtre qui grandissait de seconde en seconde à mesure que la fusée interplanétaire approchait. L’atterrissage était prévu dans une heure. Au loin, Saturne, grosse comme le Soleil l’est depuis la Terre, déployait ses anneaux. Simon a eu un moment d’émotion en les apercevant. Le voyage de dix mois valait presque la peine, juste pour les anneaux. Presque.

— Je m’en lasse jamais, a dit Lanctôt qui regardait par le même hublot. C’est ma cinquième fois, et je les trouve toujours aussi magnifiques.

Simon a hoché distraitement la tête avant d’aller faire un tour aux toilettes. Lanctôt était l’un des plus grands spécialistes de l’hydrologie de Titan — enfin, « méthanologie », devrait-on dire, puisque l’eau sur la surface de Titan est dure comme de la roche, tandis que les lacs et rivières sont remplis de méthane liquide. Il dirigeait le petit comité scientifique dont Simon faisait partie, dépêché depuis la Terre pour vérifier les allégations extraordinaires que la base de recherche de Mayda Insula avait transmises il y a un peu plus d’un an.

Au moment du départ, l’affaire était encore surtout restreinte aux cercles d’experts et à quelques sites de vulgarisation scientifique. C’était loin d’être la première fois que des chercheurs affirmaient avoir trouvé « des traces indéniables de vie extraterrestre ». Ce genre d’annonce avait été fréquent même avant le début de la colonisation interplanétaire, et c’était pire depuis l’établissement de bases sur la Lune, Mars, Vénus et Ganymède. Rien n’était plus banal que d’interpréter de petites traces dans la roche comme les mystérieux fossiles d’une nouvelle forme de vie. Titan elle-même, avec son atmosphère et son océan souterrain, avait fait l’objet de nombreuses recherches en exobiologie. Jamais rien ne s’était avéré fondé. Il y avait toujours une explication plus simple, plus ordinaire. Quand ce n’était pas carrément de la fraude.

Le public d’aujourd’hui portait donc peu attention à ce genre de chose. L’exobiologie n’était plus à la mode. Pourtant, les résultats publiés dans l’article « Evidence of Methanotrophic Pluricellular Life in Titan’s Kraken Mare » étaient convaincants. Qu’il s’agisse de vie pluricellulaire surprenait, on se serait attendu à trouver quelque chose de prokaryote comme des bactéries ou des archées (voire des formes de vie exotiques auxquelles le concept de cellule ne s’appliquerait même pas), mais ça pouvait s’expliquer par leur plus grande taille qui les rendait plus faciles à repérer.

Titan était très loin, ceci dit, et comptait peu de chercheurs. La possibilité était réelle qu’il s’agisse d’une erreur ou d’un stratagème pour attirer l’attention et du financement. Cela prendrait des mois — dix mois de voyage — avant de pouvoir faire des vérifications indépendantes.

Dans l’intervalle, la nouvelle s’était répandue. C’était même devenu viral dans les réseaux sociaux, après que quelques personnalités crédibles avaient affirmé que cette fois-ci pourrait être la bonne. Tout le monde dans le système solaire s’était mis à débattre de la chose. L’article original avait été analysé de fond en comble, tout comme les déclarations subséquentes des chercheurs titaniens. La moindre erreur dans les figures avait été interprétée par les uns comme une raison de rejeter les résultats, par les autres comme une preuve d’authenticité. Des blogueurs avaient remarqué que la date de publication était suspecte, car Saturne était en opposition avec la Terre, ce qui retarderait au maximum l’arrivée des experts indépendants — et donnerait le temps nécessaire pour traiter une grosse demande de bourse. Cela ne refroidissait pas l’enthousiasme général pour autant, et la spéculation allait bon train. À quoi ressembleraient ces organismes, au-delà des rares photos au microscope publiées par les chercheurs? Quelles autres formes de vie allait-on découvrir ensuite? Qu’est-ce que leur existence disait sur la vie dans l’univers, sur les dogmes religieux, sur l’éthique?

Simon, comme Lanctôt et Braganza et les autres membres du comité, avait suivi avec intérêt le phénomène pendant les derniers mois. Ils restaient prudents. On avait encore en tête le canular de Titanocoelecanthus, le faux poisson « découvert » dans l’ocean souterrain douze ans plus tôt. Janssen, le chercheur principal, leur assurait que ça n’avait rien à voir et qu’ils seraient convaincus dès leur arrivée.

Dans quelques heures, donc. Le signal de ceinture de sécurité s’est allumé. Simon s’est rassis à sa place pour regarder la surface jaune approcher tandis que la fusée descendait.

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On leur avait donné une journée terrestre entière pour récupérer du voyage et s’adapter aux conditions locales. C’était trop. Simon, comme ses collègues, aurait préféré entrer dans le vif du sujet tout de suite après l’atterrissage. La dernière chose dont il avait besoin après dix mois, c’était une journée à ne pas faire grand-chose d’autre que de regarder le paysage glacé.

La base de recherche était située sur l’île Mayda, dans le lac du Kraken. Depuis la chambre de Simon, on pouvait voir une sorte de plage qui descendait doucement vers la surface calme du lac. Les échantillons avaient été pris dans ses profondeurs, quelque part au nord-ouest.

Il pleuvait une fine bruine de méthane. Le thermomètre indiquait une température extérieure de -182 °C. L’horloge, qui suivait un horaire standardisé de 24 heures terrestres, disait 7h25. Par coïncidence, c’était aussi l’aube sur Titan, dont le cycle jour-nuit naturel dure 15,9 jours terrestres. La présentation par Janssen et ses collaborateurs était prévue à 8h30. Simon s’est habillé, est sorti de sa chambre et a rejoint Esmeralda Braganza dans la cafétéria, où on servait un espresso honnête, considérant que les plantations de café les plus proches étaient à un milliard et demi de kilomètres.

Braganza était assise devant un bol de ce qui ressemblait à des céréales. Un produit local, à base de champignons. Elle brassait lentement sa cuillère mais n’en mangeait pas.

— Bien dormi?

— Non, a dit Simon. Je dors jamais bien en voyage.

— Même après presque un an loin de chez toi? Rendu là, cher Simon, c’est psychologique.

— Évidemment que c’est psychologique.

Braganza a tenté une bouchée de céréales fongiques, l’a avalée avec grande difficulté, et a repoussé son bol presque plein.

— Tu veux goûter?

— Sans façon, merci.

— Ça vaut quand même la peine. Le goût est unique. Une expérience 100% Titan.

— J’ai jamais été très porté sur les expériences touristiques.

Des pas et des voix se sont faits entendre depuis le corridor. L’instant d’après, les deux portes battantes se sont violemment ouvertes tandis que Lanctôt et Janssen entraient dans la cafétéria tout en poursuivant une discussion très animée.

— Je suis pas sûr, disait Lanctôt, que tu te rendes compte des conséquences, Tor-Peter. C’était le moment de—

— Écoute, Guillaume, je—

— C’était le moment de prouver votre crédibilité et j’espère que tu prends conscience que c’est en train—

— Je comprends, mais—

— …que c’est en train de foirer complètement. Je suis pas certain que ta réputation professionnelle va survivre à ça, si ça vire mal.

— Oui, d’accord, mais qu’est-ce que tu veux que je te dise? La situation est pas sous mon contrôle.

— OK. OK. Elle est sous le contrôle de qui, la situation?

Tor-Peter Janssen et Erik Lanctôt s’étaient arrêtés près du buffet, à quelques mètres de Simon Murphy et d’Esmeralda Braganza qui les regardaient avec étonnement, tout comme les quatre ou cinq autres occupants de la cafétéria.

— Est-ce qu’on peut, a lentement dit Simon avant que Janssen réponde, savoir de quoi au juste vous parlez?

Lanctôt a fait un geste de déférence un brin sarcastique à l’égard de Janssen.

— Vas-y, je te laisse expliquer.

Janssen a soupiré.

— Bon. Il y a eu… un pépin avec les échantillons qu’on allait vous montrer ce matin.

— Un pépin, a répété Braganza.

— Une complication. Disons que les échantillons ne sont plus vraiment utilisables.

— Quoi? a dit Simon. « Plus vraiment utilisables »? Il est arrivé quoi, quelqu’un a échappé de l’eau de javel dedans?

— Un… un problème de réfrigération.

— Et donc, a poursuivi Simon, on vient de faire 10 mois de voyage pour venir regarder au microscope des échantillons morts qui pourraient aussi bien être un canular ou je sais pas quoi?

Janssen a soudain eu l’air fatigué, sans doute parce qu’il venait d’avoir la même conversation avec Lanctôt.

— C’est pas un canular. Écoutez, je suis le premier à reconnaître que c’est une situation grave. Y a personne ici que ça affecte plus que moi, si nos résultats sont jugés incorrects. Alors j’aimerais qu’on cherche des solutions, si vous voulez bien. Le mieux, ce serait d’aller collecter de nouveaux échantillons.

— Et à quel point ce serait compliqué, de collecter de nouveaux échantillons? a demandé Simon.

— Pas trop, c’est pas trop loin d’ici, heureusement. Ça devrait prendre une journée. On a fait ça plusieurs fois.

— Plusieurs collectes que vous avez toutes gardées dans le même frigo?

— OK, Simon, a dit Lanctôt, ça va aller. Tor-Peter, on va aller collecter des échantillons demain. Pis en parallèle, au moins deux d’entre nous vont enquêter sur ce qui s’est passé avec vos frigos.

— On est parfaitement capables d’enquêter nous-mê… Oui, OK, t’as raison. Il en va de notre crédibilité, a dit Janssen.

Simon n’a pas pu s’empêcher de remarquer qu’il avait l’air défait, comme s’il savait d’avance que ni la collecte d’échantillons ni l’enquête ne seraient à la hauteur des attentes du comité, ou celles de l’humanité entière.

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Il faisait relativement chaud : -173 °C. La cabine de l’embarcation était conçu pour maintenir une température entre 15 et 20 °C, mais il était plus sécuritaire pour la dizaine de techniciens et de passagers de rester dans une combinaison protectrice pendant tout le voyage. Le site d’échantillonnage était à environ une heure et demie de navigation, au large d’une autre partie de l’île Mayda.

Simon s’était porté volontaire pour accompagner l’équipe. Tant qu’à être venu sur Titan, aussi bien voir du pays. Braganza, microbiologiste de son état, était là aussi. Ils se parlaient via un canal radio privé, mais en chuchotant, au cas où les autres les entendraient malgré les combinaisons étanches.

— 30%, disait Braganza.

— Pas plus?

— Je crois pas qu’ils feraient tout ce théâtre s’ils savaient que ça servait à rien. Ça coûte assez cher d’entretien, ce genre de bateau spécialisé, donc ils le sortiraient pas juste pour le fun. Mais moi aussi j’ai un mauvais pressentiment, donc oui, 30% de chance que ce soit de la fraude.

— Je dirais plus 75%, moi, a chuchoté Simon. Peut-être qu’ils pensent que ça vaut la peine de faire traîner les choses, d’où ce mauvais théâtre.

— On va le savoir bien assez vite. Le bateau ralentit, on doit être proche.

Ils sont sortis, Simon, Braganza, Janssen et ses deux étudiantes au doctorat, sur le pont supérieur du bateau. La collecte d’échantillons était la chose la moins spectaculaire imaginable. Les deux chercheuses a lancé plusieurs capsules au bout de lignes qui faisaient comme des cannes à pêche futuristes. Puis elles ont remonté les lignes et ont placé les capsules, contenant quelques millilitres de méthane et, on l’espérait, des organismes pluricellulaires microscopiques, dans une sorte de glacière. Ceci étant fait, ils sont retournés dans la cabine. La même routine fut répétée sur trois autres sites (mais sans Simon, qui préférait rester à l’intérieur), puis l’expédition a pris le trajet du retour.

Simon s’était vite lassé des paysages jaunes de cette quasi-planète. Il a fermé les yeux pour faire une sieste.

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Les membres du comité, ainsi que Janssen et trois ou quatre membres de son équipe, faisaient comme un demi-cercle autour d’Ana Sofia, l’une des doctorantes. Elle était assise devant un microscope dont elle ajustait les molettes. Tout le monde la regardait avec attention.

— Alors? a demandé Janssen.

— Attends… je crois que… non. Hmm, non, je crois qu’il y a rien non plus.

Quelque chose comme un soupir a parcouru le demi-cercle de spectateurs. C’était le dernier échantillon de méthane. Ils avaient tous été négatifs. Simon a échangé un regard avec Braganza, a silencieusement articulé « quatre-vingt-dix-neuf pour cent ». Braganza a répondu en faisant huit et cinq avec ses mains.

— Bon, a dit Lanctôt. On fait quoi maintenant, Tor-Peter? On retourne chercher des échantillons?

— Je sais pas, a dit Janssen. Je sais pas, Erik. Désolé tout le monde.

Il a détaché sa carte d’identité de son pantalon, l’a jetée sur une table, et est sorti de la pièce.

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— Bonjour. Ici le Dr. Erik Lanctôt, en direct de la base de Mayda Insula sur Titan. C’est avec regret que le comité que je dirige annonce ne pas être en mesure de confirmer les allégations avancées par l’équipe de Tor-Peter Janssen quant à la présence de vie pluricellulaire dans le Kraken Mare de Titan.

Lanctôt était assis au centre, directement face à la caméra. Il était flanqué de Simon et d’Esmeralda Braganza, qui n’avaient rien d’autre à faire qu’avoir l’air sérieux.

— Selon les chercheurs sur place, des problèmes d’équipement ont détruit les échantillons qui devaient prouver l’existence de cette vie extraterrestre. À ce stade-ci, nous n’avons pas pu confirmer ni infirmer cette hypothèse. Je précise que rien n’indique que les membres du labo Janssen ou du personnel de la base de Mayda Insula auraient commis des actions répréhensibles, et il semble qu’il s’agisse d’erreurs de bonne foi.

Simon a fait un effort pour ne pas rouler des yeux devant la caméra. Si tu ressens le besoin de préciser que tout le monde est de bonne foi, c’est généralement parce que le contraire est vrai.

— Nous poursuivons notre enquête scientifique et enverrons une nouvelle communication dès qu’il y aura du nouveau. Merci pour votre attention.

Le message fut envoyé au reste du système solaire. Les médias s’emballeraient pendant quelques jours, on ferait des analyses et des post-mortems, puis tout le monde perdrait vite intérêt, comme toutes les fois précédentes. Il n’y avait pas de vie sur Titan. Quelques-uns regretteraient leur enthousiasme initial. Les prédictions sur l’avenir des religions et des théories éthiques seraient oubliées. Et la prochaine « découverte » susciterait encore moins d’espoir.

Quant au comité dont Simon faisait partie, il ne lui restait plus qu’à attendre un mois avant le prochain départ pour la Terre. Un mois à n’avoir rien d’autre à faire que d’« enquêter ». Mais il n’y avait pas grand-chose à élucider. Les échantillons étaient probablement faux depuis le début. Janssen refusait de parler à qui que ce soit. Ensemble dans la chambre de Simon, Esmeralda et lui spéculaient. Janssen avait-il cru que personne ne ferait le voyage pour vérifier? S’était-il fait tromper par l’une de ses étudiantes? Était-ce l’un de ces systèmes de fraude élaborés dans lesquelles personne ne connaît l’entière vérité, afin que personne ne soit vraiment coupable?

— Dire que tu vas avoir passé presque deux ans loin de chez toi pour aucune bonne raison, disait Esmeralda tandis qu’ils se préparaient à dormir ensemble. Tu dois être en beau maudit.

— Ouais, bon, ça va. Je prends plaisir à l’absurdité de la situation.

— Toujours aussi cynique.

— Je n’y peux rien. C’est dans ma nature.

Quelques semaines plus tard, ils s’installaient dans une cabine pour deux de la fusée interplanétaire pour le voyage de retour. Tor-Peter Janssen occupait la cabine voisine. Il avait démissionné de son poste de chercheur principal et co-directeur de la base de Mayda. Des rumeurs circulaient sur la fermeture prochaine de l’institution — il n’y avait de toute évidence pas énormément de découvertes scientifiques à faire sur Titan. La présence humaine dans les environs de Saturne serait bientôt réduite à trois ou quatre sites miniers. C’était aussi bien, se disait Simon. Contrairement aux planètes intérieures, il n’y avait pas tellement de raison de coloniser, et encore moins terraformer, un endroit aussi lointain et hostile.

La fusée a décollé. Avec Esmeralda, Simon regardait la surface de Titan s’éloigner par le hublot. On voyait environ les trois quarts du lac du Kraken. Juste avant que l’île Mayda devienne visible dans son entièreté, la fusée est entrée dans la couche de nuages et tout est devenu flou et jaune.

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