Des nouvelles du Topographe

Ce blogue s’appelait au départ Le topographe. J’ai créé une page Facebook du même nom, puis, plus tard, j’ai changé le nom du blogue et j’ai à peu près abandonné la page Facebook.

J’aurais pu la supprimer. Je ne l’ai pas fait. Je l’ai laissée exister sans m’en soucier, comme une expérience. Comme on laisserait une pêche pourrir sur le comptoir pour contempler la prolifération des moisissures.

Et bien, ça a proliféré.

Au moment d’écrire ces lignes, Facebook m’apprend que la page Le topographe compte 588 mentions J’aime, dont 33 nouvelles cette semaine. 33, c’est presque 5 par jour1et la semaine passée, c’était 54 nouveaux likes, donc plus de 7 par jour. C’est comparable au nombre de lecteurs de ce blogue pour une très bonne journée (excepté celles qui suivent immédiatement une nouvelle publication). Je dois donc conclure que cette page Facebook inutile et inactive est à peu près aussi, voir plus populaire que mon blogue.

Qui sont ces gens qui likent une page Facebook inactive? Essentiellement des topographes.

Le métier de topographe n’existe pas au Québec, où l’équivalent approximatif s’appelle « arpenteur-géomètre ». En Belgique et (je crois) en France, on parle plutôt de « géomètre-expert ». Au moment de choisir le nom du blogue, je n’ai jamais pensé qu’il existait une profession qui portait ce nom. Mais il semble que si : il fallait regarder du côté des pays francophones africains.

Les fans du Topographe sont algériens, surtout. Marocains aussi — et il me semble avoir déjà vu passer un Malgache. Ils viennent d’Oran, d’Alger, de Constantine, de Tizi Ouzou. Ils se décrivent comme topographes, comme ingénieurs, comme hackers. Ce sont presque exclusivement des hommes.

Je sais que quelques uns ont lu les quelques liens vers mes articles que j’ai postés sur la page, mais très peu (puisque je ne donne pas le moindre dollar à Facebook pour en faire la promotion). Je crois donc comprendre que la population des amateurs du Topographe ne coïncide à peu près pas avec celle des lecteurs de CTENIQ.

Et donc, par corollaire, il s’agit de gens qui likent une page presque inactive, qui ne répond en rien à leurs besoins professionnels de topographes. Ils likent parce que leurs amis likent, je suppose. Parce que le nom leur semble pertinent. Ils ne s’attardent pas du tout au contenu, et ce dernier point me fait (un peu) désespérer d’Internet en cette fin de deuxième décennie du XXIe siècle : les gens s’arrêtent souvent au titre. Le contenu, ça ne sert pas à grand-chose. On peut créer une page vide plus populaire qu’un blogue plein d’articles full intéressants.

Mais bon, je ne ferai pas semblant d’être surpris. C’est ça, Internet : la dictature du titre. On ne peut pas y échapper.

Dernièrement, un des 500+ abonnés de la page m’a même envoyé un message. Il disait chercher du travail en tant que topographe. Je n’ai pas su quoi répondre et je me suis abstenu de le faire. Qu’aurais-je donc à lui dire?

Bref, je me demande quel sort réserver à cette page. Dois-je poursuivre l’expérience et la laisser croître? Devrais-je, par souci d’honnêteté, y mettre fin? Devrais-je essayer de la vendre? D’ailleurs, est-ce que ça se vend, une page Facebook?

(Si vous êtes un topographe qui aimerait posséder une plate-forme francophone pour rejoindre une communauté professionnelle, allô! Contactez-moi, on peut discuter!)

3 commentaires


    1. Ouais, je pourrais et je le ferai peut-être, mais administrer une page Facebook ce n’est pas très intéressant ni (dans mon cas) très utile. Mais merci!

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  1. C’est un très bel article! La topographie au Québec, ça a l’aire vraiment chouette!

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